
faut-il en rire ?
Il était une fois … Un conseil communal rien que pour vous !
Action : 7 mai 2012 : aux abords de l’hôtel de ville de Mouscron règne une agitation inhabituelle … beaucoup d’hommes avec des drapeaux rouges sur le trottoir, le perron … En quelques minutes tout ce monde s’engouffre dans l’hôtel de ville … Pas de doute, il y a de la manif dans l’air !
Dans le hall de la salle des mariages, des drapeaux rouges, quelques écharpes vertes que j’aperçois en me frayant un passage pour entrer dans la salle du conseil. Mais avant que j’entre, on me distribue un bouffon avec porte-clé et un nez rouge. Cette semaine, c’est la semaine du rire et le rire est excellent, parait-il, pour la santé ! Alors, pendant ce conseil, rira-t-on ? Beaucoup ? Un peu ? Ou rirons-nous jaune ? Patience … le spectacle commence …
Tout d’abord, les porteurs de drapeaux et d’écharpes, mais aussi les autres, ces hommes qui étaient dans la rue se rejoignent devant l’auditoire pour expliquer leurs doléances. Ces hommes, ce sont des ouvriers communaux (malheureusement, on ne les entendra pas bien dans la salle). De ce que je comprends, ce sont des ouvriers qui viennent dire tout net leur mécontentement : mécontentement de ne pas être payé correctement pour le travail presté. En effet, la commune ferait fi de leur qualification et les paierait comme des « manœuvres » … c’est clair, ces gens n’ont pas envie de rire, ni même de sourire ! Le bourgmestre non plus d’ailleurs, car il leur répondra d’une voix très sèche qu’il a toujours écouté le personnel et qu’il n’a jamais entendu parler de ça lors des réunions communes … ce que cette délégation va contester (écouter n’est pas entendre !). Ces hommes sortent alors, sans avoir eu de vraie réponse à leur question fondamentale et s’en iront rejoindre les journalistes dans le hall.
On passe ensuite aux points du conseil communal … Voici ceux que j’ai relevés pour vous :
Les riverains de la rue d’Anvers et d’Ostende seront très contents : leur rue n’est pas en mauvais état mais elle sera quand même refaite : paraît qu’il faut refaire l’égouttage et donc du coup refaire la voirie. Ils seront donc, pour certains anciens habitants de ces rues, très contents d’avoir l’opportunité de payer deux fois leur voirie (et oui, comme il y a plus de 20 ans que les travaux ont été accomplis, ils pourront à nouveau puiser dans leur compte bancaire !) … c’est clair, ces riverains-là seront morts de rire en apprenant la bonne nouvelle !
Un marché pour la décoration (peintures) à la sortie des parkings de l’Esplanade Charles De Gaulle a été attribué à une société de communication de Nancy. Ecolo a demandé pourquoi on n’a pas demandé aux jeunes de notre ville de participer à ce travail. On parle de « street painting », quelque chose qui intéresse justement les jeunes. Quand Marianne Leterme demande ce qui a séduit le Collège pour que ce soit cette société qui soit choisie … aucune réponse et Marianne d’insister car dans le projet de délibération, il est bien indiqué « avoir été séduit » par ce qui a été proposé, or, Marianne dit n’avoir rien pu voir comme travail sur le site de cette société. Le MR, par la voix de Philippe Bracaval, surenchérit en allant dans le même sens et demande pourquoi l’Académie des Beaux Arts n’a pas été associée au projet via un concours par exemple, pourquoi devoir aller chercher une firme de Nancy quand on voit l’excellence du travail de l’Académie ? Réponse de l’échevin CDH Monsieur Franceus : la peinture sur béton est un travail trop spécifique … tiens, alors, comment cela a-t-il pu être possible à Estaimpuis ??? Ca y est … y a de quoi sourire …
On apprend, ensuite, que pour l’appel à soumission d’offres pour la construction du centre administratif, rue de Courtrai, une seule réponse a été reçue alors que 8 sociétés ont retiré le cahier des charges. Le MR se demande ce que cela sous-entend, tout comme Ecolo. Cela veut-il dire qu’aucune société ne peut respecter l’échelle de prix qui était fixée par la commune dans son estimation ? S’ensuit une passe d’armes entre le MR et le secrétaire communal … LE MR demande des informations plus précises : quelles négociations ? Pour quel prix ? Que fait-on si on se rend compte qu’on est bien au-dessus du prix évalué ? Le MR se réserve le droit « d’aller plus loin » et d’interroger quant à la légalité du marché. Le bourgmestre dit qu’il ne faut pas s’énerver et qu’on reviendra devant le conseil de toutes façons par la suite avec ce point. Au moment du vote, Ecolo et le MR voteront « non » et le PS votera « oui, dans les conditions actuelles » ce qui laisse sous-entendre qu’il ne serait éventuellement plus d’accord non plus si l’enveloppe devenait plus élevée par la suite … C’est clair, il y a là un problème qui ne donne à personne, apparemment, envie de rire ! Point suivant : le MR reproche une procédure judiciaire de récupération pour des arriérés de loyers. Martine Vandenbroucke insiste sur le fait que la ville n’aurait conclu un contrat locatif en bonne et due forme qu’après deux années d’occupation à titre précaire (occupation momentanée soumise au paiement du loyer) et que lors du contrat locatif, la ville n’a pas pris ses précautions en s’assurant que la personne aie bien un contrat de travail en bonne et due forme … Pour Martine, la ville n’a pas géré les choses correctement et maintenant cela va coûter de l’argent au contribuable. Damien Yzerbyt, échevin du logement CDH, rappelle le rôle que la ville est censée jouer bien (trop) souvent lorsque des gens se retrouvent à la rue, il insiste sur le rôle de dépannage de la ville et s’en prend au code du logement qui fixe les règles d’attribution des logements sociaux. Il dénonce le manque de souplesse de ces règles (tiens moi, je croyais que justement fixer des règles d’attribution avait permis de lutter contre le clientélisme qui sévissait dans les sociétés de logements sociaux un peu partout et Mouscron était particulièrement mauvais élève en la matière à l’époque). Il rappelle que les logements d’urgence sont tous occupés (c’est sans doute pour ça qu’Ecolo insiste régulièrement sur la nécessité d’en avoir de nouveaux). S’ensuit une nouvelle prise d’armes cette fois entre Bracaval et Damien … L’un reprochant à l’autre justement ce fameux code du logement … Bref, toujours pas de quoi rire !
Vient ensuite l’engagement d’un « coach manager » sur subsides. Cette personne devrait travailler entre autre sur le « Plan Jeunes ». Le hic, c’est que c’est la première fois que les conseillers entendent parler de ce « Plan Jeunes » ! Marianne Leterme demande qu’on le lui explique … c’est à ce moment qu’un ange passe … Personne ne répond ! Après un silence pesant, le bourgmestre finit par admettre « qu’il n’en sait rien » … ça devient rigolo … voilà un point qu’on soumet à l’approbation du conseil communal, mais le bourgmestre ne sait pas de quoi il s’agit exactement … l’échevine de la jeunesse Mathide Vandorpe (CDH) essaie de donner une explication … elle dit qu’elle croit que … que c’est pour intégrer les jeunes dans le processus de l’agenda 21 … ce qui a pour conséquence de fâcher Marianne qui rappelle le nombre de fois où Ecolo a demandé qu’on intègre les jeunes à cet agenda 21 et qu’alors, qu’on lui répondait que c’était fait, elle apprend maintenant qu’il faut engager un « coach manager » pour pouvoir le faire correctement ! Il paraît que c’est nécessaire parce que les jeunes ne s’investissent pas dans l’agenda 21 (c’est bizarre, pour Mathilde les jeunes ne s’investissent jamais dans un projet … ils sont invités mais ne viennent pas … et si on réfléchissait plutôt à pourquoi ils ne viennent pas ? C’est peut-être parce qu’on les prévient à la dernière minute ? Qu’on n’a pas les bonnes adresses ? Qu’on ne tient pas compte de leurs activités ? Parce qu’on n’arrive pas à les intéresser ? Est-ce en engageant un « coach manager » qu’on va résoudre un problème somme toute de dialogue ??? Ou est-ce qu’on va se contenter d’attirer des subsides ? Le « Plan Jeunes » dont personne apparemment au Collège ne connaît vraiment les tenants et les aboutissants ne serait-il qu’un « attrape-sous » ? Ca fait tout sauf rire !
Passons à la candidature de notre commune pour un concours organisé par l’Union des Villes et Communes pour « un plan d’actions local énergies ». Marianne fait remarquer que dans le projet de délibération on fait référence à « introduire une demande d’adhésion de la commune à la convention des maires » et elle fait remarquer que c’est déjà fait (voir conseil précédent) et c’est là que ça devient franchement marrant … Mathilde Vandorpe explique qu’en fait au départ c’était une condition d’exclusion du « concours » mais qu’après négociation, il peut y avoir dérogation … ça ne répond toujours pas à la question de Marianne et même je dirai que ça en devient plus nébuleux … et au plus Marianne insiste, au moins Mathilde et le bourgmestre répondent vraiment à la question et au moins les conseillers et le public y voient clair … et Gadenne n’arrête pas de dire en guise d’explications « oui, mais il y a aussi d’autres conditions », ce à quoi Marianne répond « je sais bien, mais puisque celle là est déjà remplie, il ne faut plus la renseigner » … mais c’est un dialogue de sourds … et quand on passe à l’examen des conditions suivantes, c’est le bourgmestre qui en remet une couche en revenant avec la première condition … l’adhésion à la convention des maires … pour le coup, c’est trop rigolo … s’il le fait exprès pour provoquer les rires de l’assemblée, c’est réussi car tout le monde a beaucoup ri … s’il ne l’a pas fait exprès … alors, ce n’est plus rigolo mais inquiétant !!! Bon, je ravale mes rires ( Enfin, on arrive aux questions times : Première question : Ecolo s’adresse à Madame Aubert et au Collège au sujet d’un agenda distribué aux seniors où le nom de Brigitte Aubert et ses seules références apparaissent comme si les seniors n’avaient accès qu’à un seul service : celui de Madame Aubert. Coût : 7.000 € à charge du contribuable. Madame l’Echevine (CDH) répondra en disant que c’était une erreur d’y avoir mentionné son apéro mais ne reconnaitra ni l’indécence de se mettre ainsi en avant, ni le bien-fondé des remarques de Marianne … c’était pas du tout rigolo, mais très triste de voir qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut rien entendre et pire, l’échevine ne se rendait même pas compte qu’elle transgressait l’éthique qui voudrait qu’un échevin ne se mette pas ainsi en avant pour capter des voix. Nous sommes dans une année électorale, mais Madame Aubert trouve tout à fait normal de faire sa « pub », elle parle de nécessité d’aides mémoires pour nos ainés (mais faut-il pour autant y mettre sa photo, plusieurs fois son nom ? Ne sont-ce pas les évènements qui méritent surtout d’être retenus ???) Pire le fait de le lui faire remarquer provoque son agressivité … Quant au bourgmestre, il se réfugiera derrière le règlement d’ordre intérieur opposable à tous les conseillers … y a quand même une fameuse marge entre un conseiller et un échevin qui fait sa pub au travers d’outils destinés à un public cible et surtout si pour ce faire, il emploie les deniers publics … j’en déduis qu’il n’y a pas eu de réflexion, à ce niveau, au sein du collège et donc après les bonbons d’Annick, il y a l’agenda de Brigitte … à qui le tour ? … Vraiment pas rigolo …
Deuxième question posée par le MR. Suite aux bonbons d’Annick, il y a eu une question parlementaire posée à la Ministre Simonet. Malgré qu’il n’y ait eu aucune plainte, il y aurait eu une sorte d’enquête de l’administration régionale et la finalité serait qu’en cas de distribution de documents litigieux, ce ne serait pas l’échevin(e) qui a posé l’acte litigieux, le responsable, mais bien les directions d’écoles qui auraient accepté de distribuer le document, d’apposer l’affiche ou de diffuser l’information. Marc Castel, directeur d’école, demande donc quelle interprétation il faut accorder à l’art 41 du pacte scolaire qui gère cette problématique ? L’échevine de l’enseignement, Annick Saudoyer (PS) dit qu’elle va interpeller la Ministre à ce sujet parce que ce ne serait pas clair : une photo serait-elle considérée comme propagande ? Il serait tout juste clair que la signature d’un échevin soit normale (mais ça personne ne le contestera, c’est certain) mais l’échevin(e) a-t-il le droit de mettre sa photo sur le document ?… En tous cas, une chose est certaine, aucune référence ne peut être faite à l’appartenance à un parti politique (pas de sigle par exemple) … Ce que je trouve inquiétant personnellement, c’est qu’apparemment, le coupable serait l’école et pas l’échevin(e) … il y là quelque chose qui m’échappe !
Voilà, le conseil est terminé … vous l’aurez compris, ce n’est pas au conseil qu’on rira ou alors de quelques passes d’armes, de réparties ou de grosses bêtises dites avec beaucoup d’aplomb (mais faut-il dans ce cas en rire ?). Donc pour soigner notre santé et avoir notre plein de rires, il faut trouver un autre endroit mais ça n’empêche qu’assister à un conseil communal est toujours très instructif … il nous montre qui sont vraiment ces gens que nous avons élus …A bientôt,
La punaise du conseil
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